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Aujourd'hui, je vous invite a lire ce billet qui pour une fois ne sera pas personnel. C'est un peu la suite de l'article publié il y a quelques semaines, Les Enfants Abandonnés de Mayotte: La Honte de la République  . Il s'agit ici de la restitution intégrale d'un artcile publié sur le site du Portail Orange Réunion (link). J'ai décidé de vous le livrer intégralement, car je l'ai trouvé suffisemment parlant, je suis tellement effarée encore, que je n'ai ni l'envie, ni l'inspiration, pour écrire quelque chose de pertinent et de personnel comme je l'ai fais la dernière fois. L'écoeurement me rend silencieuse. Lisez donc ceci, et continuez à vous faire une idée de la société française qu'on ne voit pas parce qu'elle est loin, comme vous avez pu commencer à le faire avec mon artcile précédent cité plus haut.

 

article tiré du Portail Orange Réunion (lien plus haut)

image internet (trippers-trip.com)  

Honteuse chasse aux clandestins à Mayotte - Les dérives d’une immigration incontrôlée

A Mzouazia, dans le sud de Mayotte, 57 enfants ont été retirés de force de leur école par des habitants du village en février dernier. La cause ? Leurs parents seraient des sans-papiers, originaires des Comores. Dans un message qui circule actuellement sur internet, ceux qui se présentent comme des "citoyens indignés" dénoncent le sort qui a été réservé à ces enfants et comparent cela aux "rafles" qui avaient lieu sous le gouvernement de Vichy. Cette chasse inadmissible est aussi synonyme de dérives d’une immigration incontrôlée et de fait incontrôlable

Les tensions sont vives dans le Sud de Mayotte actuellement. Il y a un mois, la population mahoraise, excédée par des cambriolages et des violences, qu’elle estime liée à la population immigrée, est montée au créneau et a décidé de se faire justice elle-même.

Des villageois ont ainsi contraints des enfants, qui seraient nés de parents originaires des Comores, à quitter leur établissement scolaire à Mzouazia. Ils sont 57 à avoir été chassés, parfois assez violemment selon des témoins, et cela malgré leurs cris et leurs pleurs, alors que les gendarmes ne seraient pas intervenus, rapporte le site d’informations Malango.

Suite à cette expulsion, les services de l’Etat ont condamné les faits, estimant qu’il est "inacceptable que des enfants aient été pris ainsi en otage parce que d’origine étrangères", a souligné Jean-Paul Frédéric, directeur de cabinet du préfet, note le site Malango. "C’est une ségrégation sévère qui relève de la loi pénale", a-t-il ajouté, précisant que "les reconduites à la frontière sont une compétence de l’Etat".

Jean-Paul Frédéric a annoncé dans le même temps que des actions ciblées "au cours desquelles les habitants vont nous indiquer où se trouvent les gens qui n’ont pas vocation à rester sur le territoire seront menées". Imaz Press Réunion a contacté la préfecture de Mayotte afin que le préfet s’explique sur ces propos. Ce dernier "ne souhaite pas faire de commentaires", nous a répondu la chargée de communication.

Dans un courrier qui circule actuellement sur internet, des "citoyens indignés" comme ils se présentent, attirent l’attention sur la chasse des enfants de sans-papiers à Mayotte. "En 1940, c’était des enfants juifs que les gendarmes français du gouvernement de Vichy allaient chercher dans les écoles. A Mayotte, les sombres procédés de la France de Vichy se répètent honteusement !", écrivent-ils.

Les "citoyens indignés" interpellent le préfet et le vice-recteur de Mayotte pour que ces derniers veillent "au respect des lois françaises" et agissent "pour que de telles exactions ne se renouvellent pas". Ils rappellent entre autres que dans le code de l’Education nationale, il est écrit que "tout enfant peut être accueilli, à partir de l’âge de 3 ans, dans une école proche de son domicile si sa famille en fait la demande" et "aucune condition de nationalité ne doit être opposée et aucune discrimination ne doit être faite pour les enfants étrangers".

Par ailleurs, ces "citoyens indignés" soulignent que les "politiques aberrantes de reconduites à la frontière (26 400 en 2011 dont 6 000 enfants) ont déjà fait plus de 8 000 victimes en mer depuis la mise en place du visa Balladur en 1995". Ils estiment qu’avec "près de 35% de la population sans titre de séjour, les occupants illégaux sont chaque année un peu plus stigmatisés comme étant la source de tous les maux de l’île : l’insécurité, le manque de place à l’hôpital et à l’école…"

"A qui la faute ? Ne serait-ce pas davantage dû à des décisions politiques plutôt qu’à la présence de ces clandestins : très peu de gendarmes pour les rondes de nuit, 66 classes fermées à la rentrée prochaine, grand manque de personnels hospitaliers, d’instituteurs", poursuivent les citoyens indignés, qui s’interrogent : "Si la France s’est bâtie après la guerre avec des valeurs humanistes dont nous sommes tous si fiers aujourd’hui, pourquoi laissons-nous ces mêmes valeurs être bafouées à Mayotte ?".

Pour rappel, seule île de l’archipel des Comores à avoir choisi – par référendum – de rester française en 1974 alors que les trois autres îles (la Grande Comore, Mohéli et Anjouan) accédaient à l’indépendance, Mayotte connaît un flux important d’immigration clandestine. 

Pour rejoindre l'île, devenue le 101e département français en 2011, des dizaines de Comoriens risquent leur vie tous les jours depuis des années à bord des kwassas, embarcations de fortune. La pression est telle que le rapport démographique a atteint des records : selon les chiffres de l’Insee (institut national de la statistique et des études économiques), 40% des quelque 212 000 habitants de Mayotte sont d'origine comorienne. La plupart sont en situation irrégulière. On estime par ailleurs que 25 à 40% des élèves scolarisés sont issus de familles de sans-papiers.

Suite à la chasse des enfants de leur école à Mzouazia, François Coux, vice-recteur de Mayotte s’était indigné : "Ce qui s’est passé est intolérable ! Tout enfant est en situation régulière dans une école". Il avait également laissé entendre que le nombre d’enfants scolarisés dans cette école dont les parents sont en situation irrégulière "est beaucoup plus nombreux que la moyenne de l’île", peut-on lire sur Malango. Le vice-recteur faisait également remarquer que les papiers nécessaires à l’inscription mentionnant tous une adresse, la plupart des familles d’immigrés devaient être hébergées, gracieusement ou contre loyer, par des familles mahoraises…

À noter qu'en juillet 2012, deux mois après l'arrivée de François Hollande à l'Elysée, Manuel Valls, ministre de l'Intérieur, avait publié une circulaire interdisant le placement en centre de rétention des familles sans-papiers avec des enfants mineurs. Cette circulaire est applicable dans toute la République française, sauf à Mayotte, car, dit le ministre de l'Intérieur, il s'agit d'un "territoire qui est soumis à une pression migratoire massive".

Toujours en juillet 2012, les ministères de l'Intérieur, des Affaires étrangères et de l'Outre-Mer ont envoyé un haut fonctionnaire, Alain Christnacht, pour dresser un état des lieux de la situation à Mayotte. Sur la base de son rapport rendu en octobre le gouvernement français avait annoncé en décembre 2012 que les moyens juridiques et matériels de lutte contre l’immigration irrégulière à Mayotte allaient être renforcés.

Tag(s) : #Mes Billets d'Humeur