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DSCF1254Ce gros roman, je l'ai pris, et je ne l'ai presque plus lâché...

Il y avait bien longtemps que cela ne m'était pas arrivé! Avec un policier, je ne dis pas. J'en lis d'excellents car les auteurs incroyables pullulent dans cette catégorie, mais un roman pur... J'en lis beaucoup que j'aime, bien sûr, mais là j'ai été transportée. Je n'avais pas envie de le lâcher ce bouquin, et j'ai surtout été très frustrée qu'il se termine. Vous savez, avec un bon roman, parfois, je n'ai qu'une envie, c'est de retrouver les personnages, mais je suis aussi terriblement angoissée de voir la fin qui approche inexorablement, le nombre des pages qu'il me reste à lire qui s'amenuise peu à peu, jusqu'à ce que... voilà... L'histoire est  finie.... Ca ne vous arrive jamais?

Enfin! Tout ça pour dire que ce beau livre, je l'ai dévoré, il m'a passionné. Il va me laisser un de ces souvenirs indélébiles qui font qu'un roman reste pour toujours un livre de chevet.

 

C'est une histoire à trois voix. Celle de la blanche américaine très peu conventionnelle, et puis celles des deux bonnes noires tour à tour fatalistes et animées par la soif de changer les moeurs puritaines, hypocrites et racistes de cette Amérique des années 60. Skeeter, la jeune femme blanche et pas très jolie est nostalgique du temps ou elle partageait ses émotions, ses joies, ses peines avec celle qui l'a élevée comme sa fille, sa nounou Constantine. Elle ne se reconnait pas lorsqu'elle évolue parmi ses amies mariées et mères qui ne songent qu'à plaire à leur époux. Ces femmes qui ne voient en leurs bonnes noires que des êtres à peine humains à qui elles confient pourtant l'éducation bien trop fatiguante de leurs enfants, elle finit par ne plus les supporter. Minny et Aibeelen, elles, sont deux de ces domestiques qui en bonne intelligence laissent croire à ces américaines bien nées qu'elles acceptent sagement leur sort. Elles sont tendres et drôles, terriblement touchantes lorsqu'il s'agit de ces petits qu'elles aiment comme les leurs car c'est bien connu, les enfants sont innocents et donnent leur amour à celui qui les regarde avec douceur. Ces trois femmes ne pouvaient que s'unir malgré tout ce qui les sépare. C'est un peu malgré elles qu'elles se retrouvent pour écrire leur histoire. Leur monde explose, pour du bon... et du moins bon aussi sûrement... Mais en tout cas elles auront été au bout de leurs idées, elles se seront battues pour ce qu'elles croyaient juste, et elles auront donné un sens au mot respect. 

Elles sont incroyables de courage ces trois femmes. Elles nous donnent l'espoir en la paix entre les êtres et nous rappellent qu'en d'autres temps il a fallu se battre contre d'autres injustices pour que le monde avance. Elles nous font croire et espérer que les combats ne sont pas vains.

 

Ce roman donne tout son sens à l'écriture, à son pouvoir salvateur, révélateur. Avec les mots on a la force. C'est cela que ces trois femmes nous disent. Et on nourrit l'espoir que trois femmes d'aujourd'hui parviendront comme elles à combattre les injustices de manière pacifique, par le génie des mots.

 

"Je sors par-derrière, avec le bruit affreux de Mae Mobley qui s'est remise à crier et à pleurer. Je descends l'allée et je pleure moi aussi en pensant à Mae Mobley qui va tellement me manquer et en priant pour que sa maman arrive à l'aimer un peu plus et à lui montrer. Mais en même temps je sens que je suis libre, pour ainsi dire. Comme Minny. Plus libre que Miss Leefolt, qui est tellement enfermée dans sa tête qu'elle se reconnait même pas quand elle se lit dans un livre. Et plus libre que Miss Hilly. Cette femme va passer le reste de son existence à faire croire aux gens que c'est pas elle qui a mangé la tarte. Je pense à Yule May qui est en prison. Parce que Miss Hilly, elle est dans sa propre prison, mais on peut dire qu'elle en a pris pour la vie."  Kathrin STOCKETT, La Couleur des sentiments - éd. Jacqueline CHAMBON 

 

 

Tag(s) : #littérature