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Aujourd'hui, j'ai envie de partager mon humeur concernant un article paru dans le magazine Marianne qui m'a été transmis par un de mes collègues et amis... Cet article, et surtout les dérives dont il parle, m'afflige, me rend amère et inquiète quant à l'avenir de notre Ecole et surtout des enfants qui y passent leurs journées afin d'acquérir un savoir mais aussi des règles de vie simples avec à priori le concours de leurs parents....

Tout d'abord, et afin que vous compreniez ensuite mon propos et mon point de vue, je vous livre cet article:

 

 

 C'est une bien curieuse manière de faire des élèves d"aujourd'hui les
 citoyens de demain ! ! ! !
 
Elodie est professeur d'anglais dans
un collège de Roubaix. Chaque jour, ses cours sont perturbés par la
sonnerie des téléphones portables d'élèves : « Et il n'est pas rare qu'ils
décrochent et se mettent à converser avec leur correspondant ! ». Pour les
contraindre à éteindre leur mobile avant d'entrer en classe,elle a pris
l'habitude de confisquer l'objet du
délit dès qu'il se met à carillonner. Une décision de bon sens qui risque
pourtant de la conduire devant un tribunal pour atteinte à la propriété
privée ! Car la prof n'est pas
seulement sévère, elle est. « hors la loi ».
C'est ce qu'affirme l'avocate Valérie Piau, fraîchement spécialisée dans
le droit de l'éducation, qui publie cette semaine un livre stupéfiant ("Les
Droits de l'élève,
à l'école, au collège et au lycée", François Bourin éditeur), prodiguant
des conseils aux parents d'élèves souhaitant se « défendre juridiquement »
contre ces profs qui « ne respectent pas la loi ».
Donner un 5/20, une heure de colle ? Conseiller un redoublement ? Des
modèles de lettres permettent d'organiser la riposte judiciaire.
A la famille dont le fils prodige s'est vu retirer le portable, Me
Valérie Piau propose un courrier type outré qui n'a plus qu'à être « copié-collé »,
puis envoyé au chef d'établissement : « Cette confiscation est illégale,
car elle porte atteinte au droit de propriété et n'est autorisée par aucune
disposition
du code de l'éducation. Nous émettons toutes réserves concernant
d'éventuelles dégradations et utilisations frauduleuses que nous
pourrions constater
lors de la restitution de l'appareil, dont vous avez l'entière
responsabilité en tant que gardien. En conséquence, nous vous remercions de
bien vouloir
restituer immédiatement le téléphone à notre enfant. A défaut de quoi,
nous serions contraints d'envisager des suites à cette affaire afin
d'obtenir l'indemnisation du préjudice subi (perte de la valeur du
portable, coût de l'abonnement...). »
Des parents d'élèves qui contestent les décisions des enseignants, il y a
longtemps que les proviseurs ont appris à faire avec. Mais la publication
d'un ouvrage les incitant à se tourner vers la justice, voilà qui
constitue « un tournant », affirme Claude Lelièvre, historien de
l'éducation.
Ou plutôt, précise-t-il, « une accélération d'un processus en marche depuis
quelques années : la judiciarisation des relations entre les familles et
l'école ». La faute revient d'abord... aux tribunaux. Pendant dessiècles,
les juges ont pris soin de ne pas entrer « à l'intérieur » des
établissements scolaires, en refusant de juger de
la légalité des règlements
intérieurs. Mais tout a changé avec l'affaire des jeunes filles voilées de
Creil en 1989 : « En affirmant que le tribunal administratif était
compétent pour statuer sur la régularité d'un
règlement intérieur, leConseil d'Etat a ouvert une brèche. » Brèche dans
laquelle les parents d'élèves n'ont pas hésité à s'engouffrer ! Selon les
statistiques dont ClaudeLelièvre dispose, le nombre de plaintes de familles
à l'égard d'un membrede l'Education nationale a été multiplié par quatre
entre 1996 et 2006. Au panthéon des affaires les plus cocasses soumises à 
l'appréciation du
juge il y a : des parents qui estiment que nettoyer le tag que leur fils
a dessinésur un mur de l'école est une mesure « humiliante »; ceux qui  exigent l'annulation d'un emploi du temps qui empêche leur
rejeton de faire du foot le mercredi; ceux qui contestent l'exclusion
temporaire de leur chérubin qui a apporté une arme au collège; ceux qui
hurlent à la «discrimination» parce que leur fille n'a jamais dépassé la
moyenne en maths...
Chargé des questions juridiques au SNPDEN, le principal syndicat de chefs
d'établissement, Pascal Bolloré s'inquiète de « l'augmentation des
contentieux » que pourrait entraîner le livre de
Valérie Piau.
Cette dernière se défend de chercher à judiciariser à tous crins :
« En réalité, je plaide très peu. Dans 99 % des cas, une lettre qui cite
les bons textes et rappelle la jurisprudence met suffisamment la
pression sur le chef d'établissement pour que le problème se règle. »
Un mode de fonctionnement qui, s'il était généralisé, se révélerait
contre-productif. « Pour que l'école remplisse sa mission, il faut que
l'enseignant établisse une relation de confiance avec l'élève.
Ce qui est impossible si les parents entrent d'emblée dans un rapport de 
force », explique Armelle Nouis, chef d'établissement et auteur d'un
ouvrage ( Le Collège à bras-le-corps). Des îlots de résistance invitent
familles et enseignants à travailler davantage ensemble dans un « esprit de
dialogue ».
Evidemment, puisqu'elle se place résolument du côté de l'enfant et de
sa famille, Valérie Piau peut compter sur le soutien aveugle des
représentants de parents d'élèves. Jean-Jacques
Hazan, le président de la FCPE, se réjouit qu'un livre « rappelle enfin
que les professeurs ne traitent pas toujours leurs élèves avec le respect 
auquel Ils ont droit en tant que justiciables comme les autres ».
Du côté des profs, on dénonce la partialité de l'auteur. « En le lisant,
on croirait que nous sommes tous des despotes qui abusent de leur pouvoir
quotidiennement et en toute impunité »,
s'agace Claire Mazeron, vice-présidente du SNALC, l'un des syndicats
d'enseignants. Plus grave, la jeune syndicaliste pointe, chez l'avocate, 
une tendance à exonérer son jeune
client de toute responsabilité :
« Pour l'auteur, l'enfant est toujours innocent et le prof
coupable.L'élève viole une règle en téléphonant en classe, mais c'est le
prof qui est hors la loi parce qu'il le punit ! »
Vous avez dit : « Enfant roi » ?
Anna Topaloff "Marianne"

 

......

Mais qui est elle cette Valérie Piau, avocate de son état, pour se permettre de s'immiscer de la sorte dans la communauté éducative et les règles un tant soit peu morales, logiques, éducatives que ses membres tentent chaque jour, à chaque heure, de faire respecter afin d'apprendre la vie aux adultes de demain? Qui est elle pour donner des leçons de droit à ceux qui aujourd'hui entendent régulièrement des "ta gueule" "tu fais chier" et "va mourir" sans broncher?

On nous parle dans cet article de dérive de profs??? Non mais je rêve!! Un gamin ne peut pas aller à l'entrainement de foot parce qu'il finit à 17heures le lundi soir? "Bouuuuu:  Mais honte à toi, école castratrice et abusive!!!!!! "

C'est hallicinant!! Si le problème de l'éducation nationale et des parents était là aujourd'hui, cela ne serait franchement pas bien grave. La preuve, maintenant des avocats en mal de notoriété et de reconnaissance se permettent de mettre à mal le peu d'autorité que les membres d'un établissement peuvent exercer dans le seul but de pratiquer leur métier!!!

Mais où va t'on?

Je suis bien consciente que ceux qui approuvent ce genre de dérives ne savent absolument pas ce qui se passe dans les établissements scolaires, ni du côté de certains enfants, ni malheureusement du côté de certains parents....

Aujourd'hui, deux élèves se bagarrent dans la cour de récréation et une des familles débarque en menacant tout le monde de venir tabasser le gamin et en plus d'aller porter plainte contre l'institution!!!! Non mais où vit on??? Doit on rappeler que les bagarres entre jeunes ne sont rien de plus bien souvent et dieu merci que des querelles, des luttes de territoire, rien de plus normal à l'adolescence et que justement le rôle des adultes et de s'en servir pour faire l'apprentissage de la communication? Mais ces gens là n'ont ils donc jamais été adolescents, enfants, élèves????

(Evidemment, je ne parle pas en revanche des problèmes de violence rencontrés régulièrement dans certaines zones sensibles, parce que là, ceux qui pensent que l'éducation nationale est un repère de fainéants n'y croiraient même pas...)

 Il faut quand même être conscient que certains parents sont capables de dire que c'est la faute de l'école si leur gamin fume des pétards avant d'entrer au collège ou ne veut pas se lever le matin!!!!

Alors maintenant, les profs seraient des voyous et des coupables parce qu'ils confisquent un portable qui sonne en plein cours? Un établissement devrait s'adapter au exigences des parents pour faire ses emplois du temps? Un gamin devrait écrire des saloperies sur les murs et laisser nettoyer les agents de service parce que c'est "dégradant" de prendre un éponge???? Non mais franchement je crois rêver!!!!

Pauvres petits bambins qu'on persécute!!!!

Je bosse tous les jours avec les gamins et j'adore mon boulot. Je crois le faire avec conviction et désirer chaque fois qu'un jeune à problème entre dans mon bureau trouver la solution pour l'aider à trouver la clé de la réussite... Mais croyez moi, le problème des jeunes aujourd'hui, ce n'est pas l'école..... Ceux qui ont 13 ou 14 ans et arrivent un matin sur deux défoncés à l'herbe ou aux médocs ou bien en ayant bu du rhum ou de la bière sans que personne à la maison s'en rende compte, c'est mon quotidien. Alors quand on leur confisque leur portable pour permettre à un cours de se tenir normalement, croyez moi, c'est un bien mince problème... Et croyez moi, ce genre de problème n'est pas réservé à certaines couches de la population. Certains seraient bien surpris s'ils acceptaient d'ouvrir les yeux sur les ravages de l'éducation permissive et de l'argent facile pour pallier à l'absence de cadre. L'enfant roi et le parent débordé: voilà l'équation délirante qui conduit au désastre.

Les parents et surtout ce genre d'avocat à deux balles devraient réfléchir aux conséquences désastreuses que leurs prises de position totalement incohérentes ont sur des êtres en formation.

Nous les professionnels de l'éducation sommes pour beaucoup bien inquiets de la tournure que prennent les choses, et encore davantage quand nous travaillons auprès de jeunes en difficulté et issus de milieux sociaux dits défavorisés qui sont de plus en plus monnaie courante, je le rappelle. Alors quand une des idées fabuleuses d'un des candidats à la présidentielle est de dire que pour que le premis de conduire soit moins cher il serait intéressant de le faire passer dans les lycées, je pouffe doucement à défaut de pleurer...

L'école ne sert donc t' elle qu'à ça? Ne sert donc t'elle qu'à pallier aux lacunes de la société en général et à reçevoir ensuite tous les coups parce que la jeunesse est de plus en plus paumée, de moins en moins formée?

Alors ce billet pour tous les parents qui me liront. Ne tombez pas dans les excès. L'école fait ce qu'elle peut aujourd'hui avec les moyens qu'on lui donne. Je ne ferais pas du misérabilisme en me plaignant des manques d'effectifs et des suppressions de postes. Je n'ai plus d'illusions à ce sujet. Ce que j'espère juste, c'est la prise de conscience de ceux qui confient leurs enfants à des professionnels qui aujourd'hui sont tout simplement démunis face à eux. On ne cesse de parler des droits des élèves, mais ceux des enseignants?..... Ils ont le devoir d'enseigner, et ils le savent....

Mais il ne faut pas oublier que c'est ce que 99% d'entre eux voudraient juste arriver à faire, si seulement on n'était pas sans cesse en train de les montrer du doigt....

A cette avocate qui ne doit absolument pas se préoccuper de l'avenir de nos jeunes mais seulement de son coup de pub délirant, je ne dis pas merci. Son combat est désolant. Qu'elle continue d'être fière de ne plaider que très peu parce que la pression qu'elle met sur des chefs d'établissement responsables de tout est suffisante pour qu'un élève et ses parents aient gain de cause. Si elle dort tranquille et fière du travail accompli, il n'y a plus rien à espérer....

Tag(s) : #Mes Billets d'Humeur